2 écueils en matière de crowdfunding dans lequel nous sommes en train de tomber et comment s’en sortir

Il y a 6 mois j’ai ouvert ce blog et initié la constitution d’une base de données des plateformes de crowdfunding française de façon à en faire un outil utile aux porteurs de projets et entrepreneurs, parce que j’ai estimé en tant que porteur de projets moi-même souhaitant un jour recourir au crowdfunding mais aussi en tant qu’internaute et blogueur que nous étions face à une opportunité historique, le crowdfunding, mais que cette opportunité était fragile parce que devant nous se profilaient des écueils, nombreux, j’en ai listé une dizaine à l’époque. Ne pouvant ou ne voulant pas anticiper ces écueils le danger existe que nous tombions dedans or s’il est relativement facile de sortir d’un ou de 2 écueils, il deviendra impossible sinon TRÈS difficile de sortir de plusieurs dans lequel nous aurions eu la maladresse mais aussi la feignantise. Plus nous roulons dans ces écueils, comme un automobiliste emprunterait sans s’en soucier plusieurs nids de poule à la suite, plus nous ralentirons l’opportunité offerte par le crowdfunding et la transformerons à force d’écueil en un gâchis qui finira par pourrir l’écosystème au lieu de le servir. Il y a en a parmi nous pour croire que les pneus dont sont équipés la voiture crowdfunding sont gonflés à ce point que nous ne risquons rien mais pourtant la crevaison nous guette si nous n’y prenons pas garde. Il faut se souvenir en effet que nous sommes dans un contexte très particulier de crise et que toute sortie d’écueil sera plus difficile. C’est comme si la route que nous empruntions était devenue anormalement sèche au point de rendre les nids de poule plus gros et potentiellement plus tranchant.

Parmi la dizaine d’écueils que j’avais identifiés, si nous nous sommes parfois à 2 doigts de tomber dedans (je vous renvoie vers mon billet sur les assisses et qui concerne l’écueil du lobbying, le lobbying peut être utile mais il peut être aussi très néfaste) j’avais omis d’en lister 2 dont l’un d’entre eux me touche personnellement et dont l’autre vient de défrayer la chronique.

Le premier écueil se traduit par une tentation irrésistible chez certains entrepreneurs et consultants de prendre des idées à propos du crowdfunding tout azimut et de façon à les exploiter pour leur compte personnel sans se soucier qu’elles puissent avoir été émises pour servir d’abord un dessin communautaire. Cette absorption à des fins personnelles réduit la portée initiale de ces idées qui était communautaire. Parfois cette absorption est déjà en marche et parfois elle est en passe de l’être, selon les idées et selon les acteurs. Cet écueil me touche personnellement. J’en suis aussi l’acteur parce que je ne sais pas toujours convaincre de l’intérêt de ma démarche. Est ce que je suis inquiet sur nos chances de nous entendre ? Non mais l’inverse n’est pas plus certains encore.

Le second écueil est à l’image de la réaction qu’a suscitée le rachat pour 2 milliards de dollars de la société Oculus Rift par Facebook : la colère d’une partie des gamers internautes ayant financée la campagne. Une colère qui n’est pas à prendre à la légère.

Oculus Rift ce sont des casques de réalité virtuelle dont la technologie a été imaginée par un jeune américain et qui enthousiasme la communauté des joueurs de jeux vidéo, des gamers. Sa conception et sa fabrication ont été rendu possible grâce à une campagne de crowdfunding menée sur kickstarter en 2012. Ensuite la société a fleuri et a continué d’être encensée tant par les joueurs que par les professionnels du jeux vidéo pour trouver un financement supplémentaire auprès de venture capitalists (VC) de la Silicon Valley. Enfin le coup de théâtre est arrivé la semaine dernière puisqu’en plus des 2 millions de dollars qu’avait collecté l’entreprise auprès des internautes, puis de 100 millions levés auprès des VC, elle a été rachetée 2 milliards de dollars par Facebook. Certains gamers et internautes se sentent trahi parce qu’ils n’estimaient pas que la société dont ils ont contribué au succès “finirait” rachetée par Facebook. Le créateur de la société et ses associés, pas plus mais pourtant c’est ce qui est arrivé. Si les 2 millions de dollars n’avaient pas été collectées, le casque n’aurait pas vu le jour et le rachat par facebook encore moins. Cela suffit à susciter un sentiment de trahison.
C’est un cas d’école qui fait date parce qu’il a marqué les esprits des internautes qui vont évidemment réfléchir différemment à l’argent qu’ils versent aux projets sur les plateformes de crowdfunding. C’est bien un écueil dans lequel nous venons d’entrer. Allons-nous savoir en sortir ?

Alors maintenant comment sortir de ces 2 écueils ?

Je viens de l’écrire nous sommes dans un contexte très particulier de crise et donc il est facile de tomber dans ces écueils et il est plus difficile d’en sortir. Il va falloir une réponse à la hauteur.

Pour le 2eme écueil je peux déjà vous le dire.

D’après mon observation des VC et des paroles entendues de ces derniers, les VC tiennent à rester dans leur métier lequel consiste à faire gagner de l’argent à leurs investisseurs et il n’y a rien de répréhensible à cela c’est une vocation comme une autre. Ils considèrent en outre que le crowdfunding ne changera ni leur métier ni le visage de la finance dans son ensemble. Personnellement je me garderai bien de m’interroger quant à savoir si le crowdfunding va prendre le pouvoir. La question c’est plutôt de savoir comment le rendre vertueux avec les autres sphères de financement. Et inversement comment fait on pour que les VC tiennent compte dans une logique d’écosystème des plateformes de crowdfunding. Cette chaine de financement est constituée et vient de prendre naissance dans l’esprit des internautes de manière brutale pour ceux qui n’étaient pas conscient de son existence, j’en veux pour preuve ces internautes qui ont émis leur mécontentement à propos du rachat d’Oculus par Facebook. Ces internautes ne peuvent pas être ignorés parce qu’ils constituent un des premiers maillons de la chaine.

En fait ce qui vient de se passer c’est la prise de conscience que le crowdfunding et le venture capital s’influençaient et vont certainement devoir composer l’un avec l’autre. Voilà pour les sommes conséquentes. Pour ce qui est des sommes plus raisonnables il pourra se passer le même constat avec les business angels.

La réponse à ce constat va consister à constituer en prolongement de la base sur le crowdfunding, 2 autres bases de données, une pour les business angels et une pour les VC parce que ces 2 groupes sont entrés en interdépendance avec le crowdfunding. On ne pourra plus parler de crowdfunding sans ces 2 autres groupes. Leur destin vient de se sceller pour le meilleur ou pour le pire.

Tâchons de faire qu’il penche en faveur d’un scénario dont nous pourrons être fiers collectivement, un scénario dont vous aurez compris qu’il sera à l’épreuve des nids de poule 😉

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