A ce rythme, si aujourd’hui le crowdfunding finance encore la confiance demain il financera nos peurs

Il est temps que je vous fasse partager les constats que j’ai retirés de mes observations de l’univers du crowdfunding.

Parti comme c’est parti,  si aujourd’hui le crowdfunding finance encore la confiance demain il financera nos peurs.

Nous n’avons pas le droit à l’erreur concernant un authentique essor de la finance participative en France et ailleurs. Si cet essor n’est pas réellement accompagné par les français mais reste une réalité pour quelques milliers d’entre nous il deviendra moribond et finira par retomber sans que nous ayons eu le temps de concrétiser la promesse qu’il renferme.ambi

Vous pensez que j’exagère ? Vous souvenez vous de l’essor du développement durable en France en 2007-2008 poussé par le constat que nous devions faire face à un réchauffement climatique ? Combien parmi nous, et je fais référence à tous les français, peuvent citer le nom d’une entreprise, une startup par exemple, qui serait née à cette période et qui permettrait aujourd’hui quotidiennement à chacun d’entre nous de mener une vie plus durable, plus économe en émission de carbone par exemple ?

La très grande majorité ont été rachetées ou ont disparu si bien que nous n’avons pas vu à une ou deux exceptions près d’entreprises majeures émergées sur le devant de la scène et dont nous côtoyons les services au quotidien. Le retour a été très minime par rapport à l’espoir de départ et l’énergie déployée.

Cet essor a été en définitive une réalité concrète pour seulement quelques milliers de porteurs de projet et d’entrepreneurs et de surcroit une réalité temporaire. Mais cela a fait beaucoup parlé car à l’époque la menace d’un bouleversement climatique du fait d’un réchauffement du même nom avait été annoncée.

L’ironie c’est qu’au même moment où la finance participative prend son essor un nouveau rapport des experts du climat a été édité lequel a réaffirmé le rôle indéniable de l’homme dans le réchauffement climatique sans souligner si notre manière jusqu’à lors de faire du développement durable avait une chance d’inverser la tendance ou plus ou moins long terme. Les cycles auxquels font référence le climat sont si longs que les générations futures hériteront du réchauffement climatique. Pourtant il faut bien commencer à inverser cette tendance mais il serait indiqué de le faire sur une perspective longue.

Aujourd’hui nous vivons la même chose, il y a eu un choc financier qui agite la perspective de financements au lendemain difficile et l’idée d’une finance participative fait son chemin tout naturellement. Seulement si celle-ci n’est pas initiée avec une force digne des enjeux alors elle pourrait bien ne servir qu’à enrichir quelques créateurs de startup (quoique à ce titre les créateurs de startup doivent savoir qu’ils n’auront pas toute cette chance) et donner aux établissements déjà établis un nouveau souffle lorsqu’elles auront achetées les nouvelles pousses prometteuses de la finance participative.

Est-ce là tout ce que nous allons faire de la finance participative ? Une nouvelle ruée vers l’or où quelque uns parviendront à y extraire une grosse pépite.

Vous pourriez avoir envie de me reprocher d’oublier les porteurs de projet et entrepreneurs qui parviennent à obtenir des financements du fait de cette finance participative sur les plateformes internet du même nom. N’est-ce pas la preuve que quelque chose arrive qui ne devrait plus s’arrêter puisque l’engouement et le succès sont au rendez-vous ? C’est vrai qu’il y a de quoi se réjouir lorsque l’on voit de plus en plus de projets se faire aider financièrement par le biais des plateformes de crowdfunding jusqu’à obtenir pour certains des fonds nécessaires à leur établissement en tant qu’entreprise, les sommes atteignant parfois les 300 000 €.

Seulement il y avait aussi de quoi se réjouir en 2007-2008 lorsque de plus en plus de citoyens avaient adoptés presque du jour au lendemain des éco-gestes qui laissaient entrevoir un changement de comportement qui ne devait plus s’arrêter. Je me souviens qu’en 2007 nous levions le pied sur l’autoroute et de façon à limiter notre vitesse et nos émissions CO2. A cette époque aussi nous étions convaincus que nous allions changer le monde. Seulement tout le monde sait que cela ne sait pas passer comme cela et qu’une année plus tard tout le monde -ou presque- avait repris ses anciennes habitudes avec un prix de l’essence lui et des émissions CO2 elles qui n’avaient pas cesser spécialement d’augmenter.

Aujourd’hui de nombreux internautes s’y retrouvent lorsqu’ils apportent leur petit pécule à des projets exposés sur les plateformes de crowdfunding mais rien ne dit qu’ils ne vont pas cesser à leur façon de lever le pied et reprendre leurs anciennes habitudes.

Vous pourriez avoir envie de m’objecter qu’il y a pourtant un usage qui s’est bien ancré dans les habitudes et qui ne devraient pas permettre de retour en arrière, je veux parler du covoiturage. Et c’est vrai c’est un usage qui se développe réellement. Seulement il ne se développe pas pour les beaux yeux du développement durable et d’une volonté de partage et de convivialité et bien que les moments de covoiturage n’en soit pas exempts. Le covoiturage se développe aussi et surtout parce qu’il y a une paupérisation de la population française qui trouve en ce dernier un moyen de se déplacer encore à moindre frais.

La finance participative devrait connaitre un chemin identique si nous la maintenons dans la même direction, à savoir qu’elle continuera à exister certes mais sous une forme qui ne sera pas exactement celle d’aujourd’hui. Nous n’y viendrons plus pour attribuer notre confiance et parfois nos élans altruistes des entrepreneurs et porteurs de projet méritants, nous y viendrons pour maintenir une économie en état avancée d’effondrement et nous choisirons alors par l’intermédiaire de plateformes mi privées mi publiques si nous voulons maintenir la boulangerie du coin en payant par avance ses baguettes pour le mois entier et en autorisant que cela soit prélevé directement sur notre compte bancaire.

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